Blessures aux doigts chez les adolescents : Lésions épiphysaires
Les lésions de poulies chez les adolescents sont extrèmement rares, en revanche les douleurs liées au cartilage de croissance sont trop souvent sous diagnostiquéss ou diagnostiquées tardivement.
Comme tous les os du corps dits « longs » qui grandissent pendant la croissance, les phalanges des doigts ont du cartilage de croissance à leurs extrémités qui se consolide seulement une fois la taille adulte atteinte. Pendant cette phase de croissance l’extrémité osseuse est plus sensible aux tensions qui s’exercent dessus et si elles sont trop importantes cela peut favoriser un retard de consolidation voir une fracture.
Cette blessure d’apparition progressive se classifie en différents grades de lésions mais avec toujours les mêmes symptômes annonciateurs et la même préconisation principale, un arrêt de l’escalade ! Il faut être particulièrement vigilant pendant les pics de croissance des jeunes grimpeurs qui ont une pratique intense.
Diagnostic :
En dehors de l’examen clinique une imagerie peut être indiquée selon les symptômes. Attention, sur une radiographie il reste possible de passer à coté d’une fracture du cartilage selon l’angle auquel est fait la radio. Il est en général conseillé d’observer l’articulation sous différents angles et notamment des angles de trois quart.
Arbre décisionnel proposé pour les douleurs de l’articulation interphalangienne proximal chez les jeunes grimpeurs (2)

Radio montrant une fracture épiphysaire au niveau de l'articulation interphalangienne proximal du majeur
Conduite à tenir :
Le repos ! Il n’est en général pas nécessaire d’immobiliser le doigt mais il faut passer par un arrêt de l’escalade et des contraintes importantes des doigts jusqu’à l’abolition des symptômes et
mêmes au delà. Cette durée peut varier d’une semaine à plusieurs mois. Durant cette phase le doigt peut continuer à bouger pour les activités quotidiennes, sauf mention spécifique.
Dans certains cas et selon l’avis médical, une radiographie ou une IRM de contrôle peut être prescrite pour valider la reprise de l’escalade.
À la reprise de l’escalade il faudra être très progressif dans le volume et dans l’intensité des séances tout en veillant à ce que les symptômes ne réapparaissent pas. Au début il est conseillé
de limiter les mouvements dynamiques, les préhensions arquées, et de privilégier les murs verticaux.
Les cas nécessitant une opération sont rares et évitables avec des diagnostics précoces.
La prévention, à quoi devons nous être vigilant ?
Toute douleur d’apparition progressive au doigt, avec une localisation en parti ou totalement sur la face dorsale de l’articulation interphalangienne du doigt, chez un(e) adolescent(e) qui pratique
l’escalade, doit être considérée par précaution comme une lésion du cartilage de croissance. Il est en général préférable d’arrêter de grimper avant de consulter un professionnel de santé ou de
faire des examens complémentaires.
Pour favoriser des diagnostics précoces des blessures chez les adolescents, il est en premier lieu primordial qu’il y ait une bonne communication grimpeur - parent - entraîneur. Ensuite, il est aussi
important d’éduquer davantage les entraîneurs et les professionnels médicaux à la détéction de ce type de pathologie.
Article rédigé par Julien Remillieux
Sources :
(1) Schöffl and al(2025). Proposal of a specific classification of primary periphyseal stress injuries in adolescent rock climbers. Frontiers in Sports and Active Living. 7. 10.3389/fspor.2025.1596624.
(2) Clouzeau, A. & Revault, A.. (2024). Escalade, nouveau sport olympique : les pathologies spécifiques de la main du grimpeur, du diagnostic à la prise en charge. Journal de Traumatologie du Sport. 41. 10.1016/j.jts.2024.09.011.
(3) Hocholzer, T., & Schöffl, V. R. (2005). Epiphyseal Fractures of the Finger Middle Joints in Young Sport Climbers. Wilderness & Environmental Medicine, 16(3), 139142. https://doi.org/10.1580/PR15-04.1
(4) Meyers, R. N., Schöffl, V. R., Mei-Dan, O., & Provance, A. J. (2020). Returning to Climb after Epiphyseal Finger Stress Fracture. Current Sports Medicine Reports, 19(11), 457462. https://doi.org/10.1249/JSR.0000000000000770
Comme tous les os du corps dits « longs » qui grandissent pendant la croissance, les phalanges des doigts ont du cartilage de croissance à leurs extrémités qui se consolide seulement une fois la taille adulte atteinte. Pendant cette phase de croissance l’extrémité osseuse est plus sensible aux tensions qui s’exercent dessus et si elles sont trop importantes cela peut favoriser un retard de consolidation voir une fracture.
Cette blessure d’apparition progressive se classifie en différents grades de lésions mais avec toujours les mêmes symptômes annonciateurs et la même préconisation principale, un arrêt de l’escalade ! Il faut être particulièrement vigilant pendant les pics de croissance des jeunes grimpeurs qui ont une pratique intense.
Zone de cartilage de croissance qui correspond au trait fin et vertical sur la droite. Ici, un retard de
consolidation mis en évidence sur un doigt douloureux, le seul non consolidé.
Classification des lésions de cartilages de croissances proposée récemment (1)
- douleur au niveau de l’articulation interphalangienne du doigt, plutôt sur la face dorsale
- très souvent sur le majeur (plus exposé de part sa longueur)
- apparition progressive, pas de notion de traumatisme
- douleur augmentée par la pratique de l’escalade et soulagée par le repos
- gonflement de l’articulation souvent associé, mais pas systématiquement de raideur

Doigt d’un jeune grimpeur avec l’articulation gonflée et douloureuse
Diagnostic :
En dehors de l’examen clinique une imagerie peut être indiquée selon les symptômes. Attention, sur une radiographie il reste possible de passer à coté d’une fracture du cartilage selon l’angle auquel est fait la radio. Il est en général conseillé d’observer l’articulation sous différents angles et notamment des angles de trois quart.

Radio montrant une fracture épiphysaire au niveau de l'articulation interphalangienne proximal du majeur
Le repos ! Il n’est en général pas nécessaire d’immobiliser le doigt mais il faut passer par un arrêt de l’escalade et des contraintes importantes des doigts jusqu’à l’abolition des symptômes et
mêmes au delà. Cette durée peut varier d’une semaine à plusieurs mois. Durant cette phase le doigt peut continuer à bouger pour les activités quotidiennes, sauf mention spécifique.
Dans certains cas et selon l’avis médical, une radiographie ou une IRM de contrôle peut être prescrite pour valider la reprise de l’escalade.
À la reprise de l’escalade il faudra être très progressif dans le volume et dans l’intensité des séances tout en veillant à ce que les symptômes ne réapparaissent pas. Au début il est conseillé
de limiter les mouvements dynamiques, les préhensions arquées, et de privilégier les murs verticaux.
Les cas nécessitant une opération sont rares et évitables avec des diagnostics précoces.
La prévention, à quoi devons nous être vigilant ?
Toute douleur d’apparition progressive au doigt, avec une localisation en parti ou totalement sur la face dorsale de l’articulation interphalangienne du doigt, chez un(e) adolescent(e) qui pratique
l’escalade, doit être considérée par précaution comme une lésion du cartilage de croissance. Il est en général préférable d’arrêter de grimper avant de consulter un professionnel de santé ou de
faire des examens complémentaires.
Pour favoriser des diagnostics précoces des blessures chez les adolescents, il est en premier lieu primordial qu’il y ait une bonne communication grimpeur - parent - entraîneur. Ensuite, il est aussi
important d’éduquer davantage les entraîneurs et les professionnels médicaux à la détéction de ce type de pathologie.
Article rédigé par Julien Remillieux
Sources :
(1) Schöffl and al(2025). Proposal of a specific classification of primary periphyseal stress injuries in adolescent rock climbers. Frontiers in Sports and Active Living. 7. 10.3389/fspor.2025.1596624.
(2) Clouzeau, A. & Revault, A.. (2024). Escalade, nouveau sport olympique : les pathologies spécifiques de la main du grimpeur, du diagnostic à la prise en charge. Journal de Traumatologie du Sport. 41. 10.1016/j.jts.2024.09.011.
(3) Hocholzer, T., & Schöffl, V. R. (2005). Epiphyseal Fractures of the Finger Middle Joints in Young Sport Climbers. Wilderness & Environmental Medicine, 16(3), 139142. https://doi.org/10.1580/PR15-04.1
(4) Meyers, R. N., Schöffl, V. R., Mei-Dan, O., & Provance, A. J. (2020). Returning to Climb after Epiphyseal Finger Stress Fracture. Current Sports Medicine Reports, 19(11), 457462. https://doi.org/10.1249/JSR.0000000000000770