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Déchirure des lombricaux

Rappel : ces articles ont pour but d’informer, de conseiller et de vulgariser les connaissances sur 
les pathologies liées à l’escalade. En aucun cas ils ne remplacent une consultation médicale ou 
paramédicale personnalisée. Si vous cherchez un professionnel de santé formé aux spécificités de l’escalade, reportez-vous à l’annuaire des professionnels de santé.

La déchirure des lombricaux peut facilement être confondu avec une rupture de poulie, pourtant les causes et le traitement sont bien différents pour ces 2 pathologies. Dans cet article nous allons présenter comment détecter une déchirure des lombricaux et comment la prendre en charge.

Que sont les lombricaux ?

Les lombricaux sont des petits muscles qui ont leur origine et leur terminaison dans la main. Ils ne s’insèrent pas sur des os comme la plupart des muscles mais sur des tendons, en l’occurrence celui du fléchisseur profond des doigts. Les lombricaux des 4ème et 5ème doigt ont des structures bipennées. Ci-dessous une image représentant les muscles lombricaux de la main.

Lombricaux

Comment les lombricaux sont-ils blessés ?

Contrairement à la rupture de poulie qui a très souvent lieu en position arquée, la blessure des lombricaux a souvent lieu en Monodoigt / bidoigt / tridoigts tendu. En effet, la blessure a lieu lorsqu’un doigt est tendu et le doigt adjacent fléchis. Ceci vient créer une force de cisaillement au sein des lombricaux bipennés (donc le 3ème et 4ème ) comme illustré sur les photos ci-dessous.

Lombricaux 2Lombricaux 3

Quels sont les symptômes d’une blessure aux lombricaux ?

Vous étiez en train de grimper, la main en préhension bidoigts et vous avez ressenti un pop / une déchirure dans la main. Vous avez cru à la rupture de poulie, attendu quelques minutes puis repris votre séance « pour voir ». La douleur était très peu présente en position semi arquée, mais impossible de grimper sur des bidoigts. Il est fort probable que vous ayez une déchirure des lombricaux.

Il y a bien sûr plusieurs stades à cette blessure :
  • Elongation légère : il vous faut forcer beaucoup en position bidoigt pour ressentir la douleur.
  • Elongation moyenne et/ou déchirure légère : vous pouvez vous mettre en position bidoigt, il vous faut forcer modérément pour ressentir la douleur.
  • Elongation Importante et/ou déchirure modérée : le seul fait de se mettre en position bidoigt provoque la douleur.
  • Déchirure significative : douleur très importante et perte de fonction de mobilité des doigts. La blessure est probablement importante et il vous faut rapidement consulter un professionnel de santé qualifié
Que faire ?

Protection au quotidien et en grimpant : il faut d’abord protéger la zone lésée, un strap de type syndactylie est approprié pour protéger. Il ne faut pas qu’il puisse y avoir dissociation entre les deux doigts autour de la lésion. Exemple : lésion du 4ème lombrical, syndactylie du 4ème et 5ème doigt.

Etirement régulier  : à commencer 48h après la lésion. Il faut cette fois dissocier les doigts autour de la blessure pour créér un étirement de la zone de cicatrisation. Dans la limite de la douleur. Deux exercices : si on reprend l’exemple de lésion du 4ème lombrical : extension du 5ème doigt et flexion du 4ème puis flexion du 5ème doigt et extension du 4ème doigt.

Remise en charge : travaille dans la position de la blessure avec charge minimale, puis augmentation de la charge. L’objectif de fin de rééducation est d’avoir la même force que du côté sain.

Diagnostic différentiel

La blessure des lombricaux peut être confondue avec une blessure : aux interosseux, à une poulie, au fléchisseur des doigt. Il est important de réaliser un diagnostic différentiel pour identifier correctement la blessure.

Article rédigé par Guillaume Augiat.

Sources :

(1) Lutter, C., et al., Lumbrical muscle tear: clinical presentation, imaging findings and
outcome. J Hand Surg Eur Vol, 2018. 43(7): p. 767-775.
(2) Carnicero N., et al. Pathomechanics of lumbrical and flexor digitorum profundus
muscle tears in climbers: A cadaveric model, Journal of Biomechanics, Volume 171, 2024,
(3) Lapegue F., et al. Pathologie traumatique des tendons fléchisseurs, Journal de
Radiologie diagnostique et interventionnelle 96, 570-583, 2015